Aller au contenuOffre spéciale : tablette de pointage + 3 mois offertsOffre : tablette + 3 mois offertsVoir l'offre →

Décompte du temps de travail : ce que le Code du travail impose à l'employeur en 2026

Tout employeur doit pouvoir justifier les heures de ses salariés. Si tous suivent le même horaire collectif affiché, l'affichage suffit en principe. Sinon, l'art. D3171-8 du Code du travail impose un décompte quotidien des heures de début et de fin, ou du nombre d'heures, et un récapitulatif hebdomadaire, « selon tous moyens ».

Mis à jour:

Essayer gratuitement

Ce que dit le Code du travail

Les règles de contrôle de la durée du travail figurent aux articles L3171-1 à L3171-4 et D3171-1 à D3171-16 du Code du travail. Elles distinguent deux situations :

SituationCe que l'employeur doit faire
Tous les salariés d'un atelier, service ou équipe suivent le même horaire collectifAfficher l'horaire collectif (heures de début et de fin, repos) et en adresser un double à l'inspection du travail (art. L3171-1 et D3171-4). Les heures faites au-delà doivent malgré tout être décomptées.
Les salariés ne suivent pas le même horaire collectif (horaires individualisés, plannings, équipes, temps partiel variable)Décompter la durée du travail de chaque salarié : chaque jour, et chaque semaine (art. L3171-2 et D3171-8).
Salariés au forfait annuel en joursDécompter les journées ou demi-journées travaillées et s'assurer du respect des repos et d'une charge de travail raisonnable.

1° Quotidiennement, par enregistrement, selon tous moyens, des heures de début et de fin de chaque période de travail ou par le relevé du nombre d'heures de travail accomplies ; 2° Chaque semaine, par récapitulation selon tous moyens du nombre d'heures de travail accomplies par chaque salarié.

Code du travail, art. D3171-8

Les documents de décompte doivent être tenus à la disposition de l'inspecteur du travail (art. L3171-3). En pratique, l'immense majorité des PME ont au moins une partie du personnel en horaires variables, en équipes ou à temps partiel : le décompte individuel est donc la règle, pas l'exception.

L'arrêt de la CJUE du 14 mai 2019 (C-55/18)

Dans l'affaire CCOO contre Deutsche Bank (C-55/18), la Cour de justice de l'Union européenne a jugé que les États membres doivent imposer aux employeurs un système objectif, fiable et accessible permettant de mesurer la durée du temps de travail journalier de chaque travailleur. Sans cela, ni le salarié ni l'inspection ne peuvent vérifier le respect des durées maximales et des repos.

La France n'a pas modifié son Code du travail après cet arrêt. Mais la Cour de cassation s'y réfère : dans son arrêt du 18 mars 2020 (n° 18-10.919), elle rappelle que l'employeur « assure le contrôle des heures de travail effectuées » et doit répondre aux éléments du salarié avec ses propres éléments. Le sujet de l'obligation d'un outil numérique est détaillé dans notre page pointage obligatoire.

Papier, Excel ou électronique : quelle forme est admise ?

La loi dit « selon tous moyens ». Aucune forme n'est imposée : feuille d'émargement, feuille de temps, tableur, pointeuse ou application de pointage. Ce qui compte, c'est que le décompte soit fiable, quotidien et vérifiable.

MéthodePoints fortsPoints faibles
Feuille signéeGratuite, simpleRemplie après coup, « 8 h–17 h » tous les jours, facile à contester
Tableur ExcelCalculs automatiquesModifiable sans trace, souvent rempli par le manager
Pointeuse à badgeHeure réelleBadge prêté à un collègue, un appareil par site
Pointeuse biométriqueIdentité vérifiéeJugée excessive par la CNIL pour le contrôle des horaires
Application (QR, GPS, tablette)Heure réelle, plusieurs sites, historique des correctionsNécessite d'informer les salariés et le CSE

Durées maximales et repos à surveiller

Le décompte sert d'abord à vérifier les limites légales. Celles qu'un inspecteur regarde en premier :

RègleLimiteArticle
Durée légale35 h par semaineL3121-27
Durée quotidienne maximale10 h (dérogations possibles jusqu'à 12 h par accord)L3121-18 et L3121-19
Durée hebdomadaire maximale48 h sur une semaine ; 44 h en moyenne sur 12 semainesL3121-20 et L3121-22
Repos quotidien11 h consécutivesL3131-1
Repos hebdomadaire24 h consécutives + 11 h de repos quotidienL3132-2
Travail de nuit8 h par jour en principeL3122-6

Les heures au-delà de 35 h sont des heures supplémentaires, majorées de 25 % puis 50 % à défaut d'accord : voir notre guide de calcul des heures supplémentaires et celui sur le travail de nuit.

La preuve des heures en cas de litige

Selon l'art. L3171-4, en cas de litige sur les heures, l'employeur fournit au juge les éléments de nature à justifier les horaires effectivement réalisés, et le salarié fournit les siens. Depuis 2020, il suffit au salarié de présenter des éléments « suffisamment précis » (un agenda, des SMS, un tableau) ; c'est ensuite à l'employeur d'y répondre.

Sans décompte fiable, l'employeur n'a rien à opposer au tableau du salarié. Les rappels de salaire peuvent remonter sur trois ans (art. L3245-1), majorés des congés payés afférents, et un travail dissimulé peut être retenu si les heures ont été volontairement omises.

Sanctions et contrôles

  • Absence de décompte ou d'affichage : contravention de 4e classe, appliquée autant de fois qu'il y a de salariés concernés (art. R3173-2). Le montant maximal d'une contravention de 4e classe est de 750 € (art. 131-13 du Code pénal), quintuplé pour une personne morale (3 750 €).
  • Dépassement des durées maximales ou non-respect des repos : contraventions prévues aux articles R3124-1 et suivants, elles aussi appliquées par salarié.
  • Heures supplémentaires non payées : rappels de salaire, dommages-intérêts, et risque de travail dissimulé.

L'inspecteur peut demander les documents de décompte sur place, y compris sur un chantier ou dans un point de vente. Une application qui exporte immédiatement les pointages par salarié et par période évite de courir après des feuilles.

Combien de temps conserver les décomptes

Les documents de décompte doivent être tenus à la disposition de l'inspection du travail pendant un an (art. D3171-16). Mais comme les salaires se prescrivent par trois ans, la plupart des employeurs les gardent au moins trois ans. La CNIL admet un archivage intermédiaire des données de suivi du temps de travail jusqu'à 5 ans.

Belgique et Suisse en bref

  • Belgique : pas encore d'obligation générale d'enregistrement du temps. Un avant-projet de loi vise le 1er janvier 2027 (système objectif et fiable, conservation 5 ans), mais il n'est pas adopté à la date de cette page. Les horaires flottants imposent déjà un système de suivi du temps.
  • Suisse : l'art. 46 de la loi sur le travail et l'art. 73 OLT 1 imposent d'enregistrer la durée du travail. Une CCT peut prévoir une renonciation pour les salariés très autonomes gagnant plus de 120 000 CHF bruts par an (art. 73a) ; un enregistrement simplifié de la durée journalière est possible sous conditions (art. 73b).

Tenir le décompte sans papier

  1. Affichez l'horaire collectif s'il existe, et paramétrez les horaires dans l'application.
  2. Faites pointer chaque salarié lui-même, au moment réel : QR code, GPS, tablette ou ordinateur.
  3. Corrigez les oublis avec un motif : la trace reste dans l'historique.
  4. Clôturez le mois : chaque salarié valide ses heures depuis son téléphone.
  5. Exportez le décompte quotidien et le récapitulatif hebdomadaire en PDF, Excel ou CSV.

QRtimetrack coûte 1,99 € HT par salarié actif et par mois (minimum 5 facturés, soit 9,95 €), avec 7 jours d'essai gratuits jusqu'à 10 salariés, sans carte bancaire. Pour l'entrée du personnel, voyez aussi l'offre spéciale avec tablette.

Mettre en place le décompte : essai gratuit 7 jours

Questions fréquentes

Le pointage est-il obligatoire en France ?

Le mot « pointage » ne figure pas dans la loi, mais le décompte des heures l'est dès qu'un salarié ne suit pas l'horaire collectif affiché (art. D3171-8). Le moyen est libre : feuille, tableur, badgeuse ou application, à condition que le décompte soit fiable et quotidien.

Une petite entreprise est-elle concernée ?

Oui. Il n'y a pas de seuil d'effectif : la règle s'applique dès le premier salarié qui ne suit pas un horaire collectif. Un commerce avec deux salariés à temps partiel aux plannings variables doit décompter leurs heures chaque jour et chaque semaine.

Quelle est l'amende pour absence de décompte ?

L'art. R3173-2 prévoit une contravention de 4e classe, appliquée autant de fois qu'il y a de salariés concernés. Le maximum d'une contravention de 4e classe est de 750 € par salarié (3 750 € pour une personne morale). S'y ajoutent les rappels de salaire si des heures supplémentaires sont prouvées.

Les cadres au forfait jours doivent-ils pointer ?

Ils ne décomptent pas leurs heures, mais l'employeur doit décompter les jours ou demi-journées travaillés et veiller au respect des repos et à une charge de travail raisonnable. Un pointage simple d'arrivée et de départ peut aider à le démontrer.

Combien de temps garder les feuilles de temps ?

Au minimum un an pour l'inspection du travail (art. D3171-16). Comme un salarié peut réclamer des heures sur trois ans, il est prudent de conserver le décompte trois ans. La CNIL admet jusqu'à cinq ans d'archivage pour ces données.

Le salarié doit-il signer son décompte ?

La loi ne l'impose pas. Mais une validation mensuelle par le salarié renforce la preuve en cas de litige. Dans QRtimetrack, chaque salarié valide ou conteste ses heures sur son téléphone après la clôture du mois, et la validation figure dans le rapport.

Sources

  1. Code du travail, art. D3171-8 – Code du travail numérique
  2. Code du travail, art. L3171-4 – Code du travail numérique
  3. Code du travail, art. R3173-2 – Code du travail numérique
  4. CJUE, 14 mai 2019, C-55/18, CCOO – communiqué de presse
  5. CNIL – L'accès aux locaux et le contrôle des horaires sur le lieu de travail
  6. Confédération suisse – Ordonnance 1 relative à la loi sur le travail (OLT 1), art. 73 à 73b
Essai gratuitÉcrivez-nous